Une nouvelle parcelle dans l’escarcelle ?

Vous n’imaginez pas à quel point c’est compliqué de trouver du foncier… la concurrence est rude. A moins de regorger d’argent, et encore, toutes les parcelles ne sont pas à vendre car elles sont déjà occupées ou préemptées. Elles ne sont pas suffisantes pour satisfaire la demande. Toutes les parcelles? non pas vraiment en fait…

A y regarder de près, le territoire regorge de petits coins oubliés ou sous exploités. Intéressons-nous à eux. Il existe une pensée spirituelle qui dit que plus on regarde petit, plus on voit l’infini, que la Vérité se trouve entre les lignes, dans les espaces. A l’échelle atomique, les scientifiques ont découvert que nous sommes tous reliés par du vide…
Il fallait donc chercher du vide… et à Luzy comme ailleurs, on en trouve, (et pas que dans les têtes 🙂 ), parfois.

Prenons un exemple : La parcelle OC-0008 au lieu-dit « Les Roulettes » à Luzy Tous les marcheurs luzycois qui se sont promenés entre le bourg et Montarmin, en faisant le « grand tour », sont passés à coté de cette parcelle. Elle est bordé de grands chênes magnifiques et foisonne de végétation.

Beaucoup de gens passent à proximité en y voyant un marécage hostile fait de sables mouvants où l’on s’expose à toutes sortes de bestioles nuisibles. Elle semble vide de tout attrait, à tel point que les ruminants n’y vont pas et que l’espace n’est pas boisé.

Le pré humide au lieu-dit « Les Roulettes »

Pourtant cette parcelle est remarquable et pleine d’intérêt. Elle recèle  quelques plantes médicinales qui pourraient apaiser bien des souffrances pour nos amis de Luzy ou d’ailleurs. De la reine des prés, de la valériane, de la salicaire, de la prêle et bien d’autres intéressantes… une « boite à bobos » naturelle.

 

Fort de ce constat, je me suis mis en quête d’actions, avec comme objectif d’avoir les moyens d’exploiter à terme cette parcelle. Voilà le cheminement :

1) Confirmer la propriété de la parcelle : un coup d’oeil sur le cadastre avec Véronique à la mairie a suffit pour s’assurer que la parcelle appartenait bien à la mairie.

2) Ecrire à la mairie pour demander l’autorisation d’exploiter : une lettre a été envoyée en juillet 2018 précisant le cadre de ma demande : la voici.


3) Soutenir son projet lors d’une réunion à la mairie : Une réunion s’est déroulée le 9 août avec Jocelyne Guérin , notre maire et Nicolas Tavernier, alors chargé de mission « développement économique » à la com-com locale. Cette réunion a permis de faire un sérieux point sans filtre du contexte entrepreneurial local, de ses forces et de ses faiblesses. A l’issue de la réunion, il a été convenu de demander l’avis de la Maison du Parc  sur les possibilités de concilier espace naturel et activité de cueillette. Un échange de mails synthétisant la réunion et organisant une réunion a clos cette étape.

4) Faire le point avec la Maison du Parc : Un rendez-vous avec Camille Guet et Jocelyne s’est déroulé le 29 août au matin. Après un échange au bureau pour contextualiser la demande et préciser les attentes de chacun, nous sommes allés, Camille et moi, sur la parcelle. Les échanges ont été cordiaux, techniques et constructifs. Nous avons complété les enjeux de cette demande par une vision très pragmatique du terrain et de ses singularités.  Camille s’est engagée à effectuer un diagnostic poussé et à donner rapidement ses conclusions. Je ne pouvais qu’être satisfait de cette réunion et je savais que ma demande était entre de bonnes mains. J’avais besoin d’une réponse rapide pour commencer à densifier les surfaces déjà colonisées par les plantes intéressantes.

5) Donner de la visibilité au projet : Une réunion d’information de l’aménagement du bord de l’Alène s’est déroulée le 24 septembre 2018 avec entre autres la participation de la Maison du Parc. Au cours de cette réunion la chef de service de Camille a fait le point sur ma demande en m’indiquant qu’une orientation favorable se profilait. Ce qui était une bonne nouvelle, modérée par l’attente des contours précis des faisabilités offertes pour exploiter la parcelle. Au cours de cette réunion, j’ai aussi exprimer le souhait d’être associé à la revégétalisation des bords d’Alène en profitant de cette opportunité pour planter des arbres médicinaux. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai eu aucun retour.

6) La réponse de la Maison du Parc : Camille a transmis le mardi 16 octobre ses conclusions dans un document très détaillé. Vous pourrez lire son contenu en suivant le lien ci-dessous.

Télécharger le document

Carte réalisée par Camille Guet de la Maison du Parc du Morvan

Voyons tout de suite les conclusions :

Il me faudra donc m’adapter aux contraintes de récolte à partir du mois d’août seulement et avoir une action limitée sur la pousse de printemps des adventices comme le liseron. La reine des prés fleurissant au milieu du mois de juillet, il sera également intéressant de définir les marges de manœuvre possibles pour intervenir un peu plus tôt dans la partie de la parcelle plus éloignée des nidifications. A moi de mettre en place une stratégie efficace pour aboutir à une production significative de plantes médicinales sur cette parcelle.

7) Le conseil municipal : Ma demande d’exploiter cette parcelle située aux « Roulettes », qui appartient à la commune de Luzy, a été présentée aux élus du conseil municipal le 17 octobre soit 3 mois après l’envoi de la lettre. Ce qui est tout à fait raisonnable en terme de délai. Un heureux hasard a fait que je me trouvais en spectateur le soir du conseil.
Suite à la réunion du mois d’août avec Jocelyne et Nicolas, dans laquelle j’avais fait part avec émotion de ma grande surprise quand à la difficulté d’avancer sur mon installation. J’avais prévenu que je me rendrai au prochain conseil pour comprendre un peu mieux l’organisation de la prise de décision sur le territoire de Luzy.

Ce soir du 17 octobre la lettre de Camille Guet a été lue aux élus. Tous ont été unanimes quand à la qualité du travail réalisée par la chargée de mission du Parc.

La lecture de toutes ces plantes et de ces animaux, malgré les termes techniques, résonnait dans la salle comme un poème à la gloire de la Nature et de ses merveilles. Un beau moment de verdures et d’envolée d’oiseaux au milieu des chiffres, des enjeux politiques, de l’avenir incertain dans un lieu de pouvoir local. Jocelyne a eu la gentillesse de me demander des précisons. Je ne devais être que spectateur, je devenais maintenant acteur.

J’ai commencé par remercier l’assemblée et la possibilité qui m’est offerte de louer ce terrain , et j’ai donnée les précisions attendues : les objectifs, le plan d’actions, la nécessité de trouver du foncier et nouer des partenariats…

Ma présence heureuse à ce conseil m’a permis de montrer aux élus que j’étais toujours en piste et que ma demande était cohérente par rapport à mon projet. La question de la convention a été abordée. Le droit de propriété est un droit essentiel dans les affaires. L’approvisionnement aux matières premières et sa sécurisation sont des points clés dans un prévisionnel d’entreprise. Cette convention me permettra d’indiquer que cette parcelle est exploitée et qu’elle bénéficie du même cadre réglementaire qu’une prairie bovine, par exemple.

L’entretien et l’exploitation dans le cadre défini par la Maison du Parc doivent me permettre de produire un chiffre d’affaires par la vente des plantes récoltées, séchées, conditionnées et distribuées, garantie par le contrat. J’ai rappelé également que j’étais toujours à la recherche de terrains et qu’il fallait penser à mon projet pour la végétalisation des bords de l’Alène. Ce dernier point fera l’objet d’une publication à part entière sur ce blog.

La suite :

Rédaction de la convention : Maintenant que le conseil municipal a été informé et que ma requête a été validée, il reste à construire une convention qui permettra de définir les règles du jeu. Vous savez sans doute à quel point je suis sensible à la justice et au respect du cadre dans lequel nous évoluons tous. Le devoir d’exemplarité… vous en savez quelque chose, non? Pas de crédibilité sans respect des règles car vous ne pouvez pas attendre quoi que ce soit, de qui que ce soit si vous même n’appliquez pas les règles que vous exigez. Pour être certain que les règles soient respectées, il faut bien commencer par les définir. C’est l’objet de cette prochaine convention qui pourrait être calquée sur le modèle des baux ruraux des autres terrains municipaux mais orientés PPAM. Une belle première qui sera suivie par d’autres.

Depuis le début du développement de mon projet, à part Nicolas Tavernier,  qui n’est maintenant plus à son poste, je n’ai pas eu à faire au moindre interlocuteur de la commune à part Madame le Maire.

J’attends donc aujourd’hui la lettre officielle de la mairie de Luzy et la date de la réunion qui permettra de discuter des contours de la convention et ainsi me permettre de commencer à entretenir la parcelle, comme sur des roulettes…

Et après ? Les petits espaces libres sont nombreux et mis bout à bout, en cherchant des plantes qui concilient agro-écologies et rentabilité sur de faibles surfaces avec des techniques culturales soucieuses de l’équilibre des sols, il est possible de mettre en place et animer un modèle pérenne. C’est la démonstration que je cherche à faire et qui sera la ligne éditoriale de ce blog, vous l’avez compris. J’ai d’autres pistes d’actions que je développerai prochainement.

Alors, au plaisir d’en discuter sur le web en laissant vos commentaires en bas de cette page ou sur la page facebook du projet.

Nous pouvons aussi en discuter dans la vie réelle… naturellement.

Merci pour votre lecture et vos retours.

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